Fotografie: Maurice Haas
La situation de l’économie climat compatible reste difficile : la guerre en Iran montre une fois de plus les risques liés à la dépendance toujours forte de la Suisse vis-à-vis des énergies fossiles. Suivant les propos de Winston Churchill « never waste a good crisis », la hausse très rapide des ventes d’énergies renouvelables, de systèmes de stockage ou de véhicules électriques dans le monde entier montre toutes les opportunités de croissance stratégiques, offertes par la décarbonation. L’économie suisse doit donc renforcer son positionnement de pionnière dans le domaine des technologies climat compatibles et faire résolument avancer la décarbonation.
Les modèles économiques climat compatibles renforcent la résilience
La discussion entre André Bardow, Professor of Energy & Process Systems Engineering à l’ETH Zürich, Pouyan Dardashti, CEO de Thommen Group et membre du Comité directeur de swisscleantech et Markus Herrmann, Managing Director de China Macro Group, a justement fait apparaître que dans un environnement géopolitique difficile et face à de nouvelles politiques de puissance, les modèles économiques climat compatibles gagnent en importance. Les investissements dans les énergies renouvelables, l’économie circulaire et les technologies innovantes ne contribuent pas uniquement à la protection du climat, ils renforcent aussi la résilience face aux dépendances et aux risques globaux. La protection du climat devient ainsi de plus en plus un facteur de compétitivité essentiel pour les entreprises.
Fabian Etter, co-président de swisscleantech : « Le Dialogue swisscleantech 2026 a réuni plus de participantes et participants que jamais. Il y a un grand besoin d’information. Mais dans le même temps, nous observons aussi que nos adhérents maintiennent leurs objectifs climatiques et font progresser des modèles économiques circulaires. Le contexte géopolitique actuel les conforte dans leur volonté de continuer à réduire leur dépendance vis-à-vis des matières premières et des énergies fossiles. »
Pour accompagner au mieux cette transition, swisscleantech lance régulièrement de nouveaux services à destination de ses adhérents. En proposant un coaching axé sur la pratique, le « Circular Innovation Lab » aide les entreprises à développer des modèles économiques circulaires. Avec le nouvel Accelerator Programm « It’s now for nature » proposé en collaboration avec Innovate for Nature, les adhérents de swisscleantech ont la possibilité d’élaborer des stratégies respectueuses de la nature et de la biodiversité.
Les conditions-cadre politiques sont essentielles pour une décarbonation rapide
L’événement a aussi montré une nouvelle fois l’importance des conditions-cadre politiques. Michael Mandl a souligné l’importance cruciale de la prochaine révision totale de la loi sur le CO2 pour la période postérieure à 2030. Il a indiqué quelles étaient les demandes de swisscleantech concernant cette révision de la loi : « L’introduction, annoncée par le Conseil fédéral, d’un nouveau système d’échange de quotas d’émission pour les combustibles et les carburants, qui constitue une décision stratégique favorisant les instruments de l’économie de marché, mérite d’être saluée. Mais l’effet d’un changement de système aussi complexe dépendra cependant fortement de son aménagement concret. Il importe que les prix du CO2 soient fixés sur la base du marché pour envoyer les bons signaux aux entreprises. swisscleantech juge par conséquent que le plafonnement des prix qui est annoncé n’est pas pertinent. »
Un levier central pour la sécurité de l’approvisionnement en électricité
Dans son intervention sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité, Chris Zeyer, co-directeur de swisscleantech, a présenté les principaux leviers et les demandes de swisscleantech : l’accord sur l’électricité avec l’UE, qui garantit l’intégration déterminante de la Suisse dans le marché européen de l’électricité, joue ici un rôle clé. La transition énergétique ne réussira que si nous accélérons le développement de toutes les énergies renouvelables et augmentons significativement nos investissements dans l’efficacité énergétique. Pour bien intégrer les énergies renouvelables, l’accord sur l’électricité est indispensable, mais il faut également développer les dispositifs de stockage, davantage de numérisation et une plus grande utilisation de la flexibilité – notamment grâce à des prix de l’électricité plus dynamiques.
Antje Kanngiesser, CEO d’Alpiq et membre du Comité directeur de swisscleantech, Simon Michel, CEO d’Ypsomed et conseiller national PLR, et Benoît Revaz, directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) ont débattu d’une question controversée, à savoir si la Suisse agit avec suffisamment de détermination pour développer les énergies renouvelables et décentralisées ou bien si nous n’assisterons pas en fin de compte à une relance des grandes centrales électriques.
Zéro net, moteur de l’activité
L’entretien avec Helmut Ruhl, CEO d’AMAG, a également montré comment les conditions-cadre politiques interagissent avec les objectifs climatiques ambitieux des entreprises. Il a expliqué qu’AMAG était en train de mettre en œuvre l’objectif zéro net à l’horizon 2040 et de transformer son activité en profondeur. Un leadership clair, des conditions-cadre fiables et des mesures incitatives sont essentiels pour y parvenir.
Information, inspiration et réseautage pour l’économie climat compatible
Le Dialogue swisscleantech a à nouveau cette année rempli son rôle de plateforme centrale de l’économie climat compatible en Suisse. L’événement a permis de s’informer sur les principales évolutions de la politique énergétique et climatique, a été une source d’inspiration grâce à la présentation de solutions concrètes et a accordé une large place aux échanges et à de nouvelles coopérations.
Le Dialogue contribue ainsi à renforcer les coopérations tout au long des chaînes de valeur et à accélérer la transition pour parvenir à une économie climatiquement neutre.