Fotografie: romannoru
Le ciment reste indispensable dans le secteur de la construction, mais il génère des émissions de CO2 inévitables du fait de la calcination du calcaire. Un ciment sans CO2 n’est possible que si le CO2 émis est capté et stocké de manière durable et si les émissions résiduelles sont compensées. Ceci doublerait presque le coût de production du ciment mais n’augmenterait que d’environ 1 % le coût total d’un bâtiment. Economiquement, la décarbonation est possible, mais elle se heurte actuellement au fait que le coût des dommages liés au CO2 n’est pas entièrement intégré dans le prix de marché.
Le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) en Suisse et dans l’UE entraînera à l’avenir une augmentation du prix du ciment. Tant qu’il n’y aura pas de prix international du CO2, les entreprises suisses seront désavantagées par rapport aux importations en raison de l’ajustement du SEQE. Il faut donc une taxe d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour garantir une juste concurrence.
swisscleantech est favorable :
- au maintien d’une production de ciment en Suisse,
- à la disponibilité à moyen terme d’un ciment neutre en CO₂,
- à ce que la hausse du prix du ciment crée une incitation à une utilisation plus efficace et à la décarbonation des process.
La disparition de l’industrie suisse du ciment ne servirait ni le premier ni le deuxième objectif. Le troisième objectif ne serait pas non plus réalisable car à l’avenir les défaillances actuelles du marché persisteraient du fait des possibilités de contournement.
Un CBAM pour le ciment est donc un élément central pour la décarbonation du secteur de la construction. Le projet de loi actuel est satisfaisant et facile à mettre en œuvre sur le plan administratif. En complément, il faudrait voir si l’acier de construction devrait également être intégré dans un CBAM, car il existe des problèmes de concurrence similaires pour ce matériau.