De nombreuses entreprises s’efforcent déjà à l’heure actuelle de réduire leurs émissions, elles développent de nouvelles approches et investissent dans des solutions respectueuses du climat. Les mesures de protection du climat entraînent souvent des changements structurels profonds au sein des entreprises, depuis l’approvisionnement énergétique jusqu’à la conception des produits en passant par le modèle économique.
Les principales conclusions
- Des réductions significatives des émissions sont possibles : la grande majorité des entreprises estiment qu’il est possible d’atteindre l’objectif zéro net d’ici 2050 et maintiennent leurs objectifs climatiques.
- Dans de nombreux secteurs, l’électrification est et reste le meilleur moyen pour décarboner. C’est ce que confirment les conclusions dans les domaines de la chaleur industrielle et de la mobilité.
- Concernant l’économie circulaire, certaines réglementations font l’objet de nombreuses critiques – les responsables politiques ont donc un rôle à jouer. Les stratégies actuelles comportent principalement des mesures visant à accroître la durée de vie des produits, l’efficacité des ressources et la réparabilité.
- Des mesures visant l’ensemble des entreprises et un engagement convaincant de la part des dirigeants·tes et des administrateurs·trices sont des facteurs de réussite essentiels.
Atteindre l’objectif zéro net à l’aide de bonnes pratiques
Il existe globalement une volonté d’agir, et de nombreuses mesures de protection du climat ont déjà été mises en œuvre. Environ deux tiers des entreprises qui utilisent de la chaleur industrielle ont décarboné les premières étapes de production, par exemple avec des fours électriques, des pompes à chaleur ou en utilisant les rejets thermiques. Le fabricant de protections solaires Griesser fait par exemple fonctionner sa nouvelle installation de revêtement par poudrage avec de l’électricité photovoltaïque, une production électrique de chaleur et un système intégré de récupération de la chaleur, ce qui permet une économie d’énergie de 25 % et l’élimination de la totalité des émissions liées à la production.
En matière de mobilité, les entreprises sont également ambitieuses, la solution passant souvent par l’électrification. Par exemple, fin 2024, Coca-Cola HBC a transformé l’ensemble de la flotte de son service extérieur pour passer à la mobilité électrique et économise ainsi environ 700 tonnes de dioxyde de carbone par an. V-ZUG s’appuie sur un concept de mobilité ingénieux avec une tarification du CO2 interne, un budget mobilité et des camions électriques, financés par un fonds climat interne à l’entreprise. Par ailleurs, de nombreuses entreprises encouragent leur personnel à ne pas utiliser leur voiture pour les trajets domicile-travail en procurant des abonnements pour les transports publics, en aménageant des infrastructures pour les vélos ou en donnant des primes pour les trajets sans voiture.
Dans le domaine de l’économie circulaire, on observe un large éventail de mesures: de l’utilisation de matières recyclées à la conception circulaire des produits en passant par les Models-as-a-Service et les systèmes de reprise de produits. Cela permet d’augmenter les taux de retour et de mettre en œuvre de nouveaux modèles économiques, par exemple avec la revente de produits d’occasion.
Les limites technologiques, les coûts d’investissement élevés, les réglementations complexes et l’impact limité sur les émissions du scope 3 rendent cette transformation plus difficile. En particulier, les petites entreprises ont besoin d’une aide ciblée, que ce soit sous forme de programmes d’encouragement, de conditions-cadre politiques fiables ou de normes simplifiées.
Parallèlement, on observe que les entreprises ont différentes visions des enjeux et qu’en matière de décarbonation elles s’attaquent aussi à des problèmes complexes. Beaucoup d’entre elles travaillent activement sur les questions du carbon pricing, du reporting de durabilité ou de l’élimination du CO2. La majorité des entreprises interrogées estiment qu’elles atteindront l’objectif zéro net d’ici 2050, et deux tiers d’entre elles se réfèrent déjà à la Science Based Targets initiative (SBTi) ou se sont fixé des objectifs concrets.
La présente étude n’entend pas être uniquement un état des lieux, elle veut aussi donner une impulsion. Les exemples pratiques donnent des idées à d’autres entreprises pour faire avancer la décarbonation dans leur propre activité. Les bonnes pratiques montrent comment activité économique et protection du climat ambitieuse vont de pair. Il importe maintenant que ces initiatives pionnières soient largement reprises par d’autres entreprises. Les responsables politiques sont appelés à fixer des orientations claires, à créer des espaces d’innovation et à accompagner de manière ciblée la transformation vers l’objectif zéro net.
La décarbonation des entreprises suisses est possible, à condition que nous tirions des enseignements de ceux qui se sont déjà engagés dans cette voie, que nous assumions nos responsabilités et que nous travaillions ensemble à des solutions.